Une conception a priori
Selon certains, les médecines non conventionnelles ont pour point commun le fait de partir d’une conception a priori des mécanismes du corps humain et de la maladie. Par exemple,
les « médecines énergétiques » (acupuncture, qi gong, shiatsu…) partent du principe que l’on possède un influx vital (prana en indien, ki en japonais ou qi en chinois) et que celui-ci circule de manière harmonieuse, la maladie n’étant qu’une perturbation de cette harmonie qu’il convient de ré-équilibrer. Ces “principes ” sont des réalités pour ceux qui travaillent sur l’énergie, pratiquants de médecines énergétiques ou d’arts martiaux.
l’homéopathie part des principes que
le mal provient d’un problème inhérent à la personne, le « terrain », et que c’est ce terrain qu’il faut traiter ;
le traitement se fait selon le principe de similitude : on administre une substance réputée provoquer un symptôme pour soigner ledit symptôme ;
plus un produit est dilué et « dynamisé » (secoué vigoureusement) plus il est actif ;
l’ostéopathie part du principe que le mal provient d’un mauvais positionnement de structures anatomiques entre elles, d’un mauvais fonctionnement « mécanique » ;
…
La médecine conventionnelle, fondée sur les faits, applique un traitement du seul fait de son efficacité prouvée (supériorité par rapport à la guérison naturelle et à l’effet placebo) et indépendamment de la théorie utilisée pour l’expliquer. Ainsi, on a utilisé l’aspirine et la pénicilline sans savoir par quel mécanisme ces substances soignaient, et quand bien même l’explication de leur action changerait par de nouvelles découvertes, cela ne changerait rien à leur efficacité.
Notons que d’une manière générale, le fait qu’une théorie, une conception a priori, soit vraie ou fausse est indépendant du résultat atteint ; on peut expliquer un fait réel par une théorie fausse, et le fait que la théorie soit fausse n’empêche pas le fait d’être vrai. Par exemple, au Moyen Âge, on savait fabriquer du fer et du savon, pourtant, la théorie qui expliquait les transformations de la matière, l’alchimie, était globalement fausse.
Donc :
si l’on prouve que la théorie sous-jacente à une médecine donnée est fausse, cela n’implique pas que les traitements liés à cette médecine soient inefficaces ;
le fait qu’un traitement soit efficace ne valide pas pour autant la théorie, ne valide pas la médecine l’utilisant dans son ensemble ;
la preuve de l’efficacité doit se faire par comparaison avec la guérison naturelle (et l’effet placebo) sur un nombre suffisant de cas pour que l’on puisse écarter un biais statistique.